Le béton ciré séduit par son aspect moderne et lisse. Dans les magazines, les réseaux sociaux ou les showrooms, son rendu brut attire. Mais une fois posé dans une salle de bain, il révèle des inconvénients qui ne sont pas toujours visibles à première vue. Avant de choisir ce revêtement pour les murs ou le sol d’une pièce humide, il faut comprendre ce que son usage implique, en entretien, en coût, en longévité. Voici une analyse rigoureuse et détaillée de chaque point faible du béton ciré dans une salle de bain, afin de décider en connaissance de cause.
Le béton ciré fissure facilement avec la chaleur ou les chocs
Le béton évoque la robustesse. Pourtant, dans sa version cirée, il affiche une fragilité structurelle. Le produit final repose sur plusieurs couches très fines, souvent autour de 2 à 3 millimètres. Cette finesse le rend vulnérable aux microfissures, surtout en cas de dilatation ou de choc thermique. Une salle de bain exposée à des écarts de température fréquents, à des projections d’eau chaude puis froide, peut rapidement créer des tensions dans le matériau.
Un sol en béton ciré directement appliqué sur une chape mal stabilisée fissurera avec le temps. Ces fissures, bien que minimes, ouvrent la voie à l’humidité. L’eau s’infiltre, stagne, et détériore la sous-couche. Un sol en carrelage ou en résine, avec joints souples, absorbe mieux ces contraintes.
Le béton ciré résiste mal à l’humidité dans le temps
La salle de bain est l’environnement le plus humide d’un logement. Le béton ciré est vendu comme compatible avec cette ambiance, mais seulement avec des traitements spécifiques. Il faut appliquer plusieurs couches d’hydrofuge, puis de vernis protecteur. Ces produits créent une barrière temporaire, non permanente.
Le problème : ces couches se dégradent. À partir de deux ans, selon la qualité des produits et la fréquence d’usage, la protection perd en efficacité. Une douche utilisée tous les jours, avec des produits abrasifs ou anticalcaires, accélère cette dégradation. Cela implique une réapplication régulière, ce qui alourdit l’entretien et augmente le coût à long terme.
De plus, un béton ciré mal protégé se tâche facilement. Les résidus de savon, de dentifrice, de maquillage ou même de calcaire s’incrustent rapidement dans les pores du matériau si le traitement n’est pas parfaitement entretenu.
Le béton ciré en salle de bain demande un entretien exigeant
Contrairement à un carrelage ou à un sol vinyle, le béton ciré dans une salle de bain demande un entretien méthodique. Il faut éviter les produits trop acides, comme le vinaigre blanc, ou trop abrasifs, comme les poudres à récurer. Un nettoyage hebdomadaire avec un savon doux au pH neutre reste obligatoire pour préserver l’intégrité de la surface.
Le problème s’aggrave si l’eau du réseau est très calcaire. Une eau dure laisse des traces visibles, difficiles à retirer sans attaquer la surface. Sur une paroi de douche ou autour d’un lavabo, le béton ciré perd rapidement son aspect lisse et homogène si le nettoyage n’est pas constant.
En cas de rayure, la réparation est complexe. Il faut poncer l’ensemble, réappliquer les couches de finition, attendre le séchage. Il est impossible de réparer localement une zone abîmée sans modifier visuellement tout le panneau.
Le béton ciré coûte cher à poser et à entretenir dans une salle de bain
Le prix moyen d’une pose de béton ciré en salle de bain varie de 90 à 150 € par mètre carré, tout compris. Ce tarif dépend de la qualité du produit, du support, du nombre de couches, de la protection appliquée. En comparaison, un carrelage haut de gamme se situe autour de 60 à 90 € par mètre carré, pose incluse.
Le surcoût s’explique par la technicité de la pose. Le béton ciré exige des artisans spécialisés. Un artisan non formé augmente le risque de fissures, de mauvaise application de la couche de finition, ou de teinte non uniforme. Les corrections coûtent cher, et une rénovation complète peut rapidement dépasser les 2000 € pour une pièce de taille moyenne.
En plus du prix initial, il faut ajouter le coût d’entretien régulier, avec les produits d’entretien spécialisés, les réapplications de vernis et les éventuelles réparations.
Une pose du béton ciré en salle de bain qui laisse peu de marge d’erreur
La réussite d’un béton ciré repose sur une maîtrise parfaite du geste. Chaque couche doit être appliquée de manière régulière, dans les bonnes conditions d’humidité et de température. Une simple poussière ou une variation dans la quantité d’eau ou de pigment change le rendu final. Le séchage entre les couches ne doit jamais être précipité.
Une erreur de dosage rend le béton trop friable ou trop rigide. Une erreur de température au moment de la pose crée des tensions internes. Ces défauts ne se révèlent pas toujours immédiatement. Certains apparaissent au bout de plusieurs mois : fissures, cloques, tâches, perte d’adhérence.
Dans une salle de bain, la complexité augmente avec les angles, les plans inclinés, les jonctions entre sol et murs. Chaque imperfection laisse une faille pour l’humidité. Le moindre défaut d’étanchéité entraîne une dégradation rapide.
Le béton ciré adhère mal sur de nombreux supports de salle de bain
Le béton ciré ne peut pas être appliqué sur tous les supports. Il nécessite une surface stable, propre, sans humidité résiduelle. Le plâtre, le bois, les anciens carrelages ou les plaques de plâtre hydrofuges doivent souvent être préparés par des couches d’accroche spécifiques, voire doublés d’une membrane d’étanchéité.
Un support instable provoque des micro-mouvements. Ces mouvements fissurent le béton ciré. Il ne supporte pas les flexions ou les légères déformations. Une dalle mal sèche, un sol chauffant mal maîtrisé ou une cloison légèrement mobile peuvent suffire à ruiner le rendu.
Dans une salle de bain ancienne, la préparation du support devient souvent la phase la plus longue et coûteuse. Elle peut représenter 40 % du temps de travail global.
Le rendu du béton ciré varie selon l’artisan et les conditions de pose
Le béton ciré promet un rendu esthétique lisse, brut, moderne. Mais dans la réalité, le résultat dépend du geste de l’artisan, du temps de séchage, de la lumière naturelle et artificielle de la pièce. Deux salles de bain utilisant le même béton ciré peuvent afficher des rendus très différents.
Le choix de la teinte doit aussi être précis. Le béton ciré ne se repeint pas facilement. Une fois teinté dans la masse, un changement de couleur impose une remise à zéro complète de toutes les couches. Contrairement au carrelage que l’on peut repeindre ou recouvrir, le béton ciré ne tolère pas les modifications postérieures.
Enfin, la tendance actuelle pour le béton brut pourrait passer. Le style industriel ne s’adapte pas à tous les goûts ou à toutes les époques. Une salle de bain entièrement en béton ciré peut devenir visuellement monotone, voire froide, si elle n’est pas contrebalancée par des matériaux plus chaleureux.
Le béton ciré vieillit mal dans une salle de bain mal entretenue
Le béton ciré peut durer jusqu’à 10 ou 15 ans dans une salle de bain… à condition d’être parfaitement entretenu, protégé, et réparé dès l’apparition du moindre défaut. Mais dans les faits, peu de salles de bain conservent leur béton ciré intact sur cette durée.
Les zones les plus sollicitées (sol de douche, contour de vasque, seuil de baignoire) vieillissent plus vite. La couche de finition s’amincit, la teinte se modifie, des auréoles apparaissent. Le béton devient mat, puis poreux.
Une rénovation implique le ponçage intégral, parfois le retrait total du matériau. Ce chantier, poussiéreux et long, nécessite l’intervention d’un professionnel. Il est impossible de masquer le vieillissement du béton ciré sans recommencer l’ensemble du processus.